J’aimerai aujourd’hui nous faire voyager, nous faire voyager en Centrafrique, où l’on court comme à jamais pour le Palais de la renaissance.

23                                                                                 ANICET GEORGES DOLOGUELE, CANDIDAT DE L’URCA

  
Deux candidats,(jouissant chacun de soutiens des
certains leaders et/ou partisans politiques d’entre les 28 candidats
éliminés par les votes des Centrafricains) s’activent pour aller, sans
doute aucune, au IIème tour. On note par ailleurs une forte présence,
sur les réseaux sociaux, de branches médiatiques de Mr Touadera et de
son concurrent sieur Dologuélé, qui, on le sait depuis belle lurette,
est le désormais copain de François Bozizé, est dans les bonnes grâces
de KNK, parti politique de cet ancien président putschiste qui jouit
de son exil ougandais: Boz et la galaxie bozizie sont pour le candidat
de l’URCA,car non seulement s’il est élu, Bozizé regagnera la
Centrafrique mais aussi le gouvernement de Dologuélé sera constitué
des ministres issus du KNK, parti travailliste qu’il aime à mourir.

« AGD »
Dol, « AGD » comme on l’appel, envisage-t-il ainsi, une fois au chevet
de la RCA, accepter ce partenariat gagnant-gagnant? Et, si, dans le
cas échéant, Dol sort perdant de la course à la
présidentielle,Touadera dit FAT mènera-t-il une contre offensive à
l’entre de la duo KNK-URCA? Allons seulement, mais démocratiquement
car, la Centrafrique avant tout.

Repertoire des oeuvres des auteurs et Ecrivains Centrafricains

Repertoire des oeuvres des auteurs et Ecrivains Centrafricains

Par Honoré DOUBA

PREFACE

A la question de savoir quels sont les écrivains centrafricains, d’hier et d’aujourd’hui, on restait sans voix, fort embarrassé. Car, en dehors des noms qui reviennent assez fréquemment, tous les autres, et Dieu sait s’ils sont nombreux, sont tombés dans les oubliettes ou simplement inconnus du public.

Cette impression de vide laissait croire que la littérature centrafricaine était pauvre, ou qu’elle manquait de ressort, faute de productions conséquentes ;

Heureusement, ce n’était qu’une impression qu’Honoré DOUBA vient de dissiper avec ce premier « Répertoire des œuvres des auteurs et écrivains centrafricains » qui arrive à point nommé.

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L’on découvre avec émerveillement et fierté l’abondante production littéraire nationale. Tous les genres et leurs auteurs se trouvent exhumés, répertoriés et classés avec minutie et rigueur, selon la règle de l’art ; un vrai travail de fourmi qui met à jour la richesse, la variété, l’étendue des champs sémantiques explorés par la plume centrafricaine.

Aucun genre n’est privilégié au détriment d’un autre. Tous sont traités avec un égal soin. Aussi, les thèses, les mémoires, les rapports trouvent leur place à côté des romans, des nouvelles, des théâtres, des poésies, des études économiques, sociologiques, scientifiques et politiques.

Puisse ce précieux instrument de travail trouver bon accueil auprès des hommes de lettres nationaux et étrangers, soucieux de la promotion de la culture en République Centrafricaine.

 

Pierre SAMMY-MACKFOY

 

OUVRAGES DES CENTRAFRICAINS
 
 
N°0
NOMS & Prénoms
Titres
Lieux & Maisons         d’Editions
*ADAMA-TAMBOUX Michel Coopération, Politique Bangui, multig
Le sens du drapeau centrafricain, Politique Bangui, multig
Quatre ans de législature, Politique Bangui, Imprimerie Centrale, 220 pages
ABOUKA Paul-Fidèle Député-maire Paul Abouka

1922-1983

Passé simple d’un homme et de sa région, Biographie

Alindao, multig, 140 pages, 2005
Echelle supérieure. Comment accéder à l’échelle supérieure, Essai Alindao, multig, 2008
Une piste de méditation, Poésie Alindao, multig, 38 pages, 2008
*AGBA Georges et RENOU Gérard Contes d’Afrique Centrale, Conte Paris, Clé Internationale, 80 pages, 1980, ISBN : 2-19-031741- x
AGOU Félix Une nouvelle discipline : La Technologie, Education Bangui, in « Revue Pédagogique de la RCA », n° 26, pp37-41, 1979
Rapport de visites inter-projet organisées au Kenya par la BREDA/NEIDA du 16 au 25 novembre 1981, Education Bangui, Institut Pédagogique National (IPN), 12 pages, 1981
AMAYE Maurice Bibliographie signalétique sur les missions chrétiennes en Oubangui-Chari des origines à nos jours, Bibliographie-Mission AIX, IHPOM, DEA, Mémoire, 78 pages, 1981
Les missions catholiques et la formation de l’élite administrative et politique de l’Oubangui-Chari des origines à nos jours, Bibliographie-Mission AIX, IHPOM, Doctorat, Thèse, 867 pages en deux tomes, 1984
Barthélémy BOGANDA et le projet des Etats-Unis d’Afrique Centrale d’expression française, Politique Bangui, 15 pages, multig, 1985

1889-1909, BONDJO, peuple dit anthropophage, histoire des résistances anticoloniales en Centrafrique, Histoire Bangui, 35 pages, multig, 1985
L’œuvre des missions dans la colonisation en Oubangui-Chari, 1930-1940 Provence, Université, Maîtrise, mémoire, 1980
AMOKOMAYEN Marie-Chantal Le droit de propriété, Droit ; communication lors de la formation des chefs de quartiers de Bangui les 26 au 28 février 2002 Bangui, Archives de BONUCA, 12 pages, 2002
Le droit coutumier et le droit de la famille, Droit ; communication lors de la formation des chefs de quartiers de Bangui les 26 au 28 février 2002 Bangui, Archives de BONUCA, 15 pages, 2002
ASSANGOU Thomas Douce nature, Poésie Berbérati, CPR, in « Le curieux », n° 002, p 49, 1988
AWENE Armand Le drapeau centrafricain, Poésie Bossangoa, CPR, in « Recueil Poétique de l’Ouham », 1987
*AYANDO Bernard-Christian La RCA sur le chemin de l’indépendance économique, Politique Paris, in « Revue Sociologique d’Etudes et d’Expansion », n° 205, pp205-209, 5 pages, 1963
AZOUGO Rolland-Xavier L’installation de la Sous Préfecture de Bria en Haute Kotto, Histoire Bangui, ENS, Mémoire, 1981
BABANA Abraham-Gédéon Recueil de poèmes, Poésie Bangui, in « Poèmes de nos futurs Littéraires »
BAGOUMA Richard Voix d’un nègre, Poésie Bangui, multig, 1974
Le Poète parle, Poésie Bangui, multig, 1980
Le moment aux Martyrs, Poésie, 2ème prix du concours des Martyrs Bangui, 1980
Centrafrique ? mon pays, Poésie Bangui, in « Revue Espoir », n° 6, 1981
Nouvelles centrafricaines, Nouvelles Bangui, multig, 1981
Chant des tourments, Poésie Bangui, multig, 1982
Wanadoo, Poésie Bangui, multig, 1983
Les baleines malsaines, Poésie Bangui, multig, 1983
Po7mes de Gbagume, Poésie Bangui, multig, 1985
Poèmes de tout temps, Poésie Bangui, multig, 1986
GREYANDA ou le Préfet de Centrafrique, Roman Bangui, inédit
BAKONVOYO David Les sentiments d’un enfant pour sa mère, Poésie Bangui, in « Revue Pédagogique de la RCA », n° 94
J’ignore la raison de ma vie, Poésie Obo, inédit
BALENGUIA Marien-Bartov L’amour de mon pays, Poésie Bangui, in « Projet de lecture publique, Le Temps des Poètes », 2000
BALINGUINI Joseph Médecine familiale et conceptions étiologiques chez les Banda-Linda de la Centrafrique, Sociologie Paris, EHESS, DEA, Mémoire, 76 pages, 1990
*BALLY-KENGUET SOKPE Romain, BOUCHER Bernard, PINGUILY Yves Les prisonniers du vent, Roman Paris, Oscar, collection Junior oscar Jeunesse, 305 pages, 2009, ISBN 978-2-3500-0395-5
BALLY-KENGUET SOPKE Romain Effluves sans fard, Poésie Yaoundé, in « Dans le buisson de l’espoir ; Cinq poètes centrafricains » d’Anne Cillon Perri, Ifrikiya, Collection Ronde, 66 pages, pp 23-32, 2008, ISBN 9956-473-06-5
BALLU Alexis La communication culturelle ; communication lors du Forum Culturel Centrafricain du 7 au 17 novembre 2005 Bangui, Archives du Ministère de la Jeunesse, des Sports, des Arts et de la Culture, 10 pages, 2005
*BAMBOTE Pierre-Makombo La poésie est dans l’histoire, Poésie Paris, P.J. OSWALD, collection « Janus », 42 pages, 1960
Chant funèbre pour un héros d’Afrique, Poésie Paris, P.J. OSWALD, collection « Janus », 75 pages, 1962
Un grand Etat central, Poésie Paris, Salamandre, 30 pages, 1964
Le dur avenir, Nouvelles Bangui, Imprimerie Centrale, 55 pages, 1964
YOULOU ou l’amour maternel, Contes Paris, in « Revue Présence Africaine », n° 53, pp221-231, 10 pages, 1965
La lobaye, une source de richesse pour la RCA Bangui, in « Terre Africaine », n° 81, 1966
Les randonnées de Daba (de Ouadda à Bangui), Roman traduit en anglais : Daba’s travel
Paris, La Farandole, 164 pages,

NEA-EDICEF, 1985, ISBN 2-850-69296-4

New-York, Ed. Pantheon Book, 1971
Les chansons de mes deux oncles qui s’opposent, Poésie Bangui, in « Bambote, textes recueillis par J.D.Pénel, tome 2, 23 pages, 1967
Les deux oiseaux de l’Oubangui, Poésie Paris, Saint-Germain-des-Prés, 1968
Technique pour rien suivi de Civilisation des autres et Le journal d’un pays d’Afrique Centrale, Poésie Paris, librairie Saint-Germain-des-Prés, 142 pages, 1973
Nouvelles de Bangui, prix de la Francité 1980 Montréal, Présence de l’Université, 167 pages, 1980
Textes recueillis et présentés par Jean-Dominique Pénel : cours de littérature centrafricaine Bangui, Université, 102 pages, 1981
Coup d’Etat Nègre, Récits Montréal, Humanitas, 1987
Langue nationale et littérature centrafricaine, Article Bangui, in « Terre Africaine », n° 213, 1988
La langue Sango, Article Bangui, in « Terre Africaine, n° 310, 1969
Appel aux intellectuels centrafricains à se désolidariser du régime Bokassa Paris, in « Le Monde »
Princesse Mandapou, Roman Paris, Présence Africaine, 180 pages, 1972
Les cousins de l’enfance, Poésie Paris, in « Présence Africaine », n° 75, pp53-67, 14 pages, 1969
*BANGA Anatole (Rév. Pasteur)
La Chine noire, Essai
Australie, ICA Littérature Services, 63 pages, 1993, ISBN 0-646-15331-5
BANGUI-MUKELEBEMBE Serge-Hubert (Rév. Abbé)
Soleils massacrés, Poésie
Bangui
BARIA
Petit paysan, Poésie
Bangui, in “Revue pédagogique de la RCA”, n° 153, pp 9-10
BARTOUME-MOUSSA Gaston Evolution du service de santé en RCA, Santé Paris, 132 pages, 1961
Les problèmes de santé en République Centrafricaine, santé Paris, 1961
BATCHIMANDJI Boniface Flambeau, Poésie Bangui, 1980
Panorama de l’évolution sociale en Oubangui-Chari, de la 2ème Guerre Mondiale à l’indépendance, Histoire Bangui, Université, Mémoire, 70 pages, 1982
BEAM-KONAM Stanislas Recueil de poèmes, Poésie
Bangui
*BEGONG-BODOLI Bétina Larmes intimes, Poésie Bangui, 1982
Mon mari est capable, Poésie, 1er prix du concours du Centre culturel Franco-Nigérien Niamey, CCFN, 1986
Pupulenge, Roman
Inédit
Myosotis, Roman
Inédit
BEMOLINDA Thierry-Léon-Clotaire Rapport sur le rôle des écoles privées dans le système éducatif centrafricain, Education Bangui, Université, 1986
Rapport de stage de DESS sur l’illettrisme des jeunes de moins de 16 ans en France Auvergne, Université, 1990
Rapport sur la ville de Lyon en 2010 dans le cadre de l’économie régionale et planification Auvergne, Université, 1990
Rapport sur la logique des vies (travail d’équipe) Auvergne, Université, 1990
Article sur la gestion communale facile pour tous Bangui, 1999
Rapport sur l’amélioration de l’île de Séguin (projet d’équipe 1er juin 2001) Paris, ENA, 2001
Rapport sur les finances locales (France-RCA) Paris, ENA, 2001
Rapport sur l’interministéralité et la santé publique Paris, ENA, 2001
Rapport sur la politique de développement de la communauté : l’après Cotonou Paris, ENA, 2001
Rapport sur le contrôle de la déconcentration et de l’interministralité par le Ministère de l’Intérieur français Paris, ENA, 2001
Rapport sur l’environnement et coopération internationale (cas de la protection du bassin du Lac Tchad) Paris, ENA, 2002
Document d’études, n° 00 : Droit constitutionnel et Institution Politique :

Thème 1 : différents modes de scrutin en régime parlementaire

Thème 2 : cas pratique relatif aux articles 192 et 194 du code électoral centrafricain

Bangui, 17 pages, 2002
BENAM Pierre Croire au devenir, Poésie Bossangoa, CPR, in « Recueil Poétique de l’Ouham », 1987
BETIANGA Bebey et KE Adolphe-Fidélia Recueil de poèmes, Poésie Bangui, in « Poèmes de nos futurs littéraires »
*BEVARA-LALA
Diagnostic et révélation sur l’échec du socialisme chilien Paris III, Université Sorbonne nouvelle, 1983

République centrafricaine : l’eau potable coule à nouveau pour les habitants de Bangui

République centrafricaine : l’eau potable coule à nouveau pour les habitants de Bangui

08 janvier 2016 – icrc.org
Le CICR et la SODECA travaillent ensemble pour assurer l’accès à l’eau à plus de 240 000 personnes.

Bangui (CICR) – Plus de 240 000 habitants des quartiers des 2e, 3e, 6e et 8e arrondissements de Bangui et de la commune de Bimbo ont de nouveau accès à l’eau potable après plusieurs jours de pénurie. La Société de distribution d’eau centrafricaine (SODECA), en collaboration avec le Comité international de la Croix Rouge (CICR), a achevé, le 31 décembre dernier, les travaux de réparation de deux conduites principales qui étaient fissurées.

« Le CICR travaille en étroite collaboration avec la SODECA depuis mai 2013, fournissant pièces de rechange, équipements ainsi que soutien technique et logistique pour assurer le fonctionnement de l’ensemble du réseau d’eau de la ville de Bangui, de même que dans d’autres localités du pays », explique Jonathan Pease, responsable du département eau et habitat du CICR en République centrafricaine. « Ces réparations ont permis de rétablir l’alimentation en eau potable d’une grande partie de la ville. »

C’est un acte de vandalisme qui est à l’origine de la pénurie d’eau qui a touché durant plusieurs jours de nombreux quartiers, ainsi que le site pour personnes déplacées de M’Poko. Une fuite d’eau très importante, due à la vétusté de la tuyauterie, a encore aggravé la situation dans plusieurs quartiers sud de la ville de Bangui. Avec l’appui de collaborateurs du CICR, une équipe de la SODECA a effectué les réparations nécessaires dans le courant du mois de décembre pour remettre les conduites en état et permettre aux habitants de Bangui de s’approvisionner en eau potable, et ainsi bien commencer l’année 2016.

« Les actes de vandalisme commis sur les infrastructures accroissent les souffrances de la population civile déjà durement éprouvée par les conséquences du conflit. Il est capital que tous les habitants respectent ces infrastructures qui leur permettent d’avoir accès à l’eau potable, car il est difficile de trouver les pièces de rechange pour les réparations sur le marché local », ajoute Jonathan Pease.
La vétusté des canalisations est à l’origine de la pénurie d’eau qui a affecté les quartiers sud de Bangui.

Le CICR apporte régulièrement un soutien technique et matériel dans les villes de Bangui et de Ndélé, dans le but de garantir l’accès à l’eau potable à toute la population. À Birao, il travaille également à remettre en état des puits et des pompes à mains. Enfin, il approvisionne quotidiennement en eau potable les personnes déplacées sur le site de l’aéroport de Bangui M’Poko et dans les villes de Kaga Bandoro et Bambari.

Informations complémentaires :

Jean-François Sangsue, CICR Bangui, tél. : +236 75 52 75 06

 

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Bangui: le CICR mobilise 40 jeunes pour des conduites d’eau potable

Par Journaldebangui.com, source Rjdh – 01/02/2016

De jeunes ont été recrutés par le comité international de la croix rouge (CICR) afin de mener des activités de curage pour le remplacement des conduites d’eau de la Sodeca

Le constat a été fait le vendredi 29 janvier lors du lancement officiel devant la primature.Ces jeunes recrutés sont habillés en uniforme de couleur bleue. Les travaux de remplacement des vieux conduits d’eau de la Sodeca allant du rond-point Marabéna à l’avenue Barthélémy Boganda ont commencé.

Jean-François Sangsue, chef de la délégation du CICR, a souligné que le soutien du comité international de la croix rouge ne se limite pas seulement aux échanges des conduites d’eau, mais aussi de donner du travail à la population jeune des localités où les activités de remplacement vont se dérouler. Le chef de la délégation a fait savoir que cet appui se poursuivra dans la sous-préfecture de Ndele, afin de réhabiliter les conduites d’eau dans cette localité en fournissant la main d’œuvre à la jeunesse.

 

Arsène Ndayoungou, un des ouvriers de l’équipe A se dit satisfait du travail de CICR qui a apporté un soutien aux jeunes en leur donnant du travail. « Cette initiative nous permet de générer de l’agent, afin de répondre aux besoins de la famille. C’est un appui qui entre dans le cadre du développement et la relance économique de la Centrafrique » a-t-il affirmé.

Le lancement officiel des activités de remplacement des vielles conduites d’eau de la Sodeca a eu lieu le vendredi 20 janvier devant la primature. Cet appui du CICR à la SODECA va permettre à la population de Bangui et de Ndele d’avoir accès à l’eau potable et de donner du travail à la jeunesse désœuvrée

Abolition de l’esclavage
Traite des Noirs :

Au nom du Roi, de la Loi, de la Justice,
On fait savoir à tous ceux qu’il appartiendra, que le dimanche 26 du courant, sur la place du marché bourg de St Esprit, il sera procédé à la vente aux enchères publiques de :
L’esclave Suzanne, négresse, âgée d’environ quarante ans, avec ses six enfants de treize, onze, huit, sept, six et trois ans.
Provenant de saisie exécution. Payable comptant.

Bourg du Marché St Esprit
(Ile de la Martinique)

.

Un anglais vendant sa maîtresse (à gauche); à droite : images de 2 femmes dont l’une avec poignets liés et l’autre en « liberté »

Des millions, 50, 60, 100 millions… de nègres, arrière-petits-fils d’innombrables Suzanne, africains vendus comme elle, au cours du grand mouvement de personnes déplacées qu’ait connu l’Histoire, vivent aujourd’hui en Amérique et dans la Caraïbe.
L’anéantissement des Indiens par la colonisation espagnole des Iles de l’Amérique imposa la recherche de la main-d’oeuvre indispensable à l’exploitation des nouveaux territoires : la guerre et l’esclavage africain apportent la solution.
L’esclavage de chrétien à chrétien ayant cessé en Europe au XIIIe siècle, le servage se substituait à lui depuis le Xe siècle. L’Espagne, en guerre et en contacts constants avec les Maures (le Maroc), pratique encore le commerce des esclaves ruraux ou domestiques, ainsi que celui des hérétiques.
C’est Barthélémy de Las Casas l’évêque sévillan de Chiapa au Mexique qui lance la première idée de déportation de nègres vers les Indes Occidentales. Apôtre de la charité, il s’érige contre le théologien Sépulveda, l’historiographe de Charles-Quint, le Tite-Live espagnol, qui soutien que l’on doit exterminer quiconque refuse d’embrasser la religion chrétienne. Après ses consultations avec le pape Léon X, Las Casas prône l’introduction en Amérique de nègres esclaves, puisqu’ils ne sont pas chrétiens.
1502 : L’Espagne assure par ses propres moyens le transfert des noirs d’Afrique jusqu’à ses territoires du Nouveau Monde.
1517 : L’insuffisance de la flotte incite Charles-Quint à céder une partie de ce transport aux Provinces-Unies. En tant que marchandise, le nègre ne devait être chargé que sur des bateaux castillans, et c’est une des premières dérogations apportées à l’exigeant monopole espagnol. La faveur faite aux Pays-Bas ne porte que sur 4 000 têtes.
La W.I.C. (Compagnie hollandaise, des Indes Occidentales) s’arroge bientôt le monopole de la traite pour le compte des Espagnols.
Le gouvernement de Louis XIV dans ses efforts pour compenser le marasme économique apporte tout son appui à la Compagnie des Indes, aux manufactures et aux différents monopoles qui servent sa politique de dumping. La filiale française, Compagnie du Sénégal et plus tard la Compagnie de Guinée deviennent concessionnaires de l’assiento, et peu à peu s’en libèrent.

L’assiento (contrat) permit à la Compagnie hollandaise de traiter principalement à partir de Gorée (à l’entrée de Dakar) et surtout de San Jorge del Mina (Elmina aujourd’hui dans le nouvel Etat libre de Ghana).
De 1734 à 1750, le monopole espagnol chancelle, la traite s’universalise de plus en plus. L’Europe entière y participe.
L’Angleterre tente d’intercepter la traite des noirs source de richesse pour l’Espagne ou pour ses alliés. Elle la pratique pour son propre compte, et la favorise chez les ennemis de l’Espagne.
Bardés de bonne conscience, les traitants qui << évangélisent par le voyage >> voient peu le noir car leurs commis et leurs marins sont chargés du contact.
Quelques traitants en France ont comme noms : Häentjens, Mosneron du Pin, Levesque, Roy, Fouché Duc d’Otrante, Daniel de Kervegan, Tiercelin, Drouin, Salleron et Van Neunen, Viot, Grou… Armateurs nantais parmi les principaux, tous notables ou anoblis par cette fructueuse activité qui bénéficie d’une large subvention gouvernementale, ils voient rapidement la nécessité de créer des sociétés où Beaumarchais et bien d’autres, tel Voltaire, ne craignent pas de prendre des parts. Ces brasseurs d’affaires vont donner à Nantes un essor aux multiples répercussions. La ville devient le premier port négrier de France, trafic qui conditionne la vie du pays. Il permet les constitutions d’associations et de firmes puissantes et provoque une très importante concentration capitaliste. L’appât du gain alerte de nouvelles reçues. Les armateurs deviennent de nouveaux riches, avides des mille raffinements que permet la fortune. Ils oeuvrent pour la plus juste cause : développer les colonies, christianiser les africains.

L’Angleterre poursuit sa lutte éternelle pour la prépondérance et rétablit la traite, devant des principes religieux, moraux et politiques qui se cherchent : de la malédiction de Cham au message d’amour fraternel du Christ, du girondin Brissot à l’Abbé Grégoire, farouche et victorieux partisan de l’abolitionnisme. Le traitant jusqu’alors travaille en paix avec sa conscience, il saura bientôt qu’il contrevient aux règlements, il saura plus tard qu’il transgresse la morale, mais alors il n’y aura plus de traite : quand sa conscience s’éveillera, l’Ile Feydeau à Nantes chômera. Les clients auront disparu, tués avec les soldats du général Lee à Appomatox (1865) dans la défaite des Sudistes.
De son bureau du quai de la Fosse où il dirige les opérations, le traitant en confie l’exécution à ces capitaines et marins dévoués venant souvent de la marine de guerre : Dam Joulin, Le Breton La Vallée, Garneray, et tant d’autres.
C’est à travers les journaux de bord de ces hommes qu’il faut vivre la traite dans une pénible navigation le long des côtes mal connues avec toutes les difficultés des grands voyages triangulaires :
L’Africain, capitaine Foures, part de Nantes chargé de verroterie, de rasade de traite, d’armes et de fusils qui explosent dans les mains des noirs. Ce chargement va s’échanger au cours d’un long périple africain, contre de noires << pièces d’Inde >> à nouveau troquées aux Antilles, pour de riches épices (vanille, café, coton, sucre…) cargaison de retour sur Nantes…

En résumé :

Xe siècle – L’esclavage de chrétien à chrétien ayant cessé en Europe au XIIe siècle, le servage se substituait à lui depuis le Xe siècle.
1444 – Pour la première fois, le 8 août, un navire du port de Lagos (Portugal) débarque 235 esclaves noirs et les vend dans son pays.
1498 – La bulle du pape Martin V décrète que << la terre appartient au Christ et le Vicaire a le droit de disposer de tout ce qui n’est pas occupé par les chrétiens. Les infidèles ne sauraient être possesseurs d’aucune partie de la terre. >>
1502 – L’Espagne assure par ses propres moyens le transfert des noirs d’Afrique jusqu’à ses territoires du Nouveau Monde. Les cargaisons de nègres ont pour but de remplacer la population indigène caraïbe exterminée par la conquête.
1517 – Devant l’insuffisance de ses propres moyens, Charles Quint qui a le monopole de la flotte espagnole déroge par assiento en faisant une faveur aux Pays-Bas qui ne porte que sur 4.000 têtes.
1539 – A Lisbonne, la vente des nègres atteints 12.000 têtes. Séville devient un entrepôt d’esclaves. A Madère et aux Canaries le trafic se développe.
1641-1648 – 23 163 nègres sont déportés par la Compagnie hollandaise (Compagnie des Indes) d’Elmina (Ghana) sur le Brésil pour 6 714 423 florins (moyennant 14 florins par pièce d’Inde pou l’assiento).
1642 – Louis XIII autorise la traite des Noirs.
1685 – Le Code noir de Colbert définit la condition juridique des esclaves.
1751 – En Amérique du Nord, les Quakers renoncent pour tous les membres de leurs sectes à toute espèce de droits sur leurs esclaves.
1774 – C’est le règne de Louis XVI. A Versailles on continue à penser que l’esclavage nègre reste seul pour résoudre le problème de la main-d’oeuvre coloniale.
1787 – Suivant un rapport présenté au ministère anglais, la traite atteint annuellement 100.000 nègres, ainsi répartis entre les divers pavillons : Angleterre, 38.000; France, 31.000; Portugal, 25.000; Hollande, 4.000; Danemark, 2.000.
1788 – Création à Paris de la << Société des amis des Noirs >>.
1789 (1511-1789) – On estime de 40 à 50 millions le nombre d’individus déplacés par la traite de 1511 à 1789.
1793 – Abolition de l’esclavage à Saint-Domingue.
1794 (4 février) – La Convention abolit l’esclavage dans les colonies ( En Guadeloupe il ne reste ni esclaves, ni békés. Les esclaves on été affranchis, les békés guillotinés). Cependant, l’esclavage reste maintenu jusqu’à l’hiver afin de d’assurer la récolte de la canne à sucre).
1802 (10 mai) – Bonaparte rétablit l’esclavage en Guadeloupe;
Toussaint-Louverture est déporté dans le Jura.
1807 – Abolition de la traite aux Etats-Unis.
1814 – Le traité de Paris rend la Guyane, la Réunion, la Martinique et la Guadeloupe à la France, après l’occupation anglaise.
1815 – Interdiction de la traite des Noirs en France.
1833 – L’Angleterre abolit l’esclavage.
1848 (Février) – Avènement de la IIe République en France.
1848 (4 avril) – La commission Schoelcher prépare l’abolition.
1848 (27 avril) – Décret d’abolition.
1848 (22 mai) – Révolte des esclaves à Saint-Pierre de la Martinique.
1848 (23 mai) – Abolition en Martinique.
1848 (27 mai) – Abolition en Guadeloupe.
1862 – Abolition dans les colonies hollandaises.
1887 – Abolition au Brésil.

Victor Bissengué
(© Copy Rights Droits réservés – 27/04/1998) .


Le fleuve Sénégal est-il le fleuve Niger?
Gaspard Théodore Mollien dans son Voyage dans l’intérieur de l’Afrique aux sources du Sénégal et de la Gambie, 1818, raconte les faits:

<<Longtemps avant que les Français se fussent établis au Sénégal, les Anglais avaient dirigé leur attention vers la Gambie. Plusieurs de leurs voyageurs, dont les relations ont été conservées par Hakluyt et par Purchas, enfin Jobson en 1623, Moore en 1738, Smith en 1744, Lindsay en 1757, Matthews en 1788, décrivirent la partie du continent africain comprise entre les limites indiquées plus haut…
La plupart des voyageurs donnaient au Sénégal le nom de Niger, le faisaient venir de très loin dans l’intérieur, plaçaient, suivant l’usage, sa source dans un lac, et regardaient la Gambie comme un de ses bras. Les Géographes européens, trompés par l’identité de nom, confondaient sur leurs cartes et dans leurs livres le Sénégal avec le Niger des anciens, qui arrose l’intérieur de l’Afrique…
Les voyageurs avaient appelé le Sénégal Niger, parce qu’une partie des Nègres qui habitent les contrées donnent le nom de Bâ-Fing, fleuve noir. Il est probable qu’ayant demandé à ces Africains la signification de ce nom, ils en furent frappés, et crurent avoir sous les yeux le Niger des Anciens. On supposa que ceux-ci s’étaient trompés en faisant couler ce fleuve de l’ouest à l’est, et on se livra à aucune recherche approfondie pour découvrir la cause de l’erreur qu’on leur attribuait, on continua, dans beaucoup de livres et de cartes, de suivre l’idée contraire.
C’est Mungo-Park dans son voyage en 1795 qui eut à découvrir le véritable Niger des anciens; il vit ce fleuve, nommé Dialli-Bâ par les nègres, couler d’ouest à l’est. Après en avoir suivi les rives pendant quelques temps, il revint en Europe rendre compte du succès de son voyage.>>
(Dialli-Bâ: signifie grande eau ou grand fleuve, et non pas fleuve noir ou rivière noire) .

 



Patrimoine
Le patrimoine culturel
est toute richesse reçue des générations antérieures, des ancêtres, de la tradition, et qu’il faut transmettre, plus développée encore, aux générations futures. Un patrimoine culturel est un legs historique qui doit être réactualisé, rendu actif, vivant, parlant, en tant qu’héritage assumé, par une communauté qui en a pris conscience comme héritière. Un patrimoine culturel s’assume, avec critique. Les racines vivaces d’un peuple s’enfoncent toujours dans un patrimoine culturel ancestral. Un patrimoine culturel se partage aussi, avec le reste du monde. Le patrimoine culturel de l’humanité est constitué par tous ces patrimoines locaux, régionaux. De tels patrimoines « situés » favorisent et facilitent les relations humaines interculturelles. (1)

1 – Théophile Obenga: Cheikh Anta Diop, Volney et le Sphynx, p. 375 (Patrimoine culturel), Khepera, Présence Africaine, 1996

Pagnes et paroles
En Afrique occidentale et centrale,
le tissu-pagne se présente comme un phénomène social à part entière. En dehors de sa fonction vestimentaire, le pagne a une valeur culturelle et associe étroitement un aspect esthétique à un de communication sociale. Le tissu est source d’inspiration littéraire, dont témoignent « paroles tissées… paroles sculptées » (Cahiers de Littérature Orale), « Le pagne noir » de Bernard B. Dadié, « Les pagnes » de Werewere Liking… Le tissage, la vêture, donnent en effet lieu à des proverbes et à une littérature orale. Il est aussi source d’inspiration plastique (teinture, peinture, sérigraphie). Des méthodes ancestrales de fabrication existent encore. C’est le cas du bogolan à base de fibres de coton, de teintures végétales et minérales, dans l’ouest africain, au Mali particulièrement. Par ce procédé sont produits des vêtements, des trousseaux qui expriment l’insertion de l’individu dans sa communauté. Les pagnes reçoivent des noms qui peuvent être de simples mots ou des énoncés (sentences, proverbes, injures). A travers ces désignations, se nouent, sans recourir à la parole, des échanges entre époux d’une part, et co-épouses d’autre part, et sont évoqués des positions sociales et des attributs magiques. (Quelques exemples: Si tu sors, je sors. Ton pied mon pied. Mon mari est capable. Maîtresse, laisse-moi mon mari. Six bougies. L’escadrille. La main. Cauris. Disque. Ventilateur. L’ordinateur…)


Pygmées, Maîtres du temps
<<Nous autres, les Akwa, nous autres, nous sommes petits, petits, nous sommes petits entre les petits. Mais nous sommes les « Hommes », les maîtres du temps, les maîtres de la terre, les maîtres de tout. Ceux qui ne veulent pas croire, que Tox les écrase et leur ferme les portes du Dan>>. R.P. Trilles, Les Pygmées de la forêt équatoriale, 1932, 25

Une photo de la rencontre à Paris dans leur chambre d’hôtel (à l’occasion d’une tournée en Europe, 1997) *

Les Pygmées ont longtemps hanté les esprits, subjugué les spécialistes et les populations qui se différencient. Pour certains, il s’agirait d’êtres imaginaires ou surnaturels, d’animaux, de nains, d’autres encore nient leur existence. Pourtant, ce sont bien des hommes dotés de toutes les capacités qui les élèvent, comme tout autre, au-dessus de l’animal, et les connaissances dont ils font preuve notamment dans les domaines de la biomédecine, de la zoologie, de la cosmogonie, les placent parmi les experts.
L’existence des Pygmées est attestée depuis l’Antiquité. Pour les Egyptiens, ils n’étaient pas des figures légendaires, mais bien des petits hommes qu’ils représentaient sur les bas-reliefs. D’un autre côté, ils faisaient la différence entre les nains pathologiques, brachymorphes et les Pygmées.
Un témoignage éclairant sur les Pygmées existe, et date de 2400 ans environ A.C. Pourtant, il a fallu quarante siècles pour que des données soient portées à la connaissance du public – ce qu’on peut lire encore aujourd’hui dans le texte gravé sur la tombe de Hirkhouf, prince d’Eléphantine (Assouan) – Mérenré 1er, qui avait commandité quatre expéditions placées sous la direction de Hirkhouf, mourut avant la fin de la dernière, menée plus au sud de la Nubie. Le jeune Néferkaré, connu aussi sous le nom de Pépi II, reçut le message de Hirkhouf et répondit aussitôt. C’est avec allégresse et force recommandations que le jeune pharaon demanda à Hirkhouf de faire venir le Pygmée, cet hôte extraordinaire, le <<danseur de Dieu>>, à la cour royale de Memphis.
De retour de l’expédition vers le <<Pays des arbres, le Pays des esprits>>, Hirkhouf ramena un Pygmée qu’il présenta alors à Pépi II, le nouveau pharaon de l’Ancien-Empire, ce qui lui valut beaucoup de récompenses et de faveurs.
* (une publication sur la question des Pygmées – (c)Victor Bissengué)

 


Bangui en 1946 et en 1960

3.2. Bangui en 1946 et en 1960

Si nous comparons la photographie aérienne de la ville de Bangui en 1946 (Figure 13) à celle de 1960 (Figure 14), nous constatons un gonflement de la population à la limite ouest de la ville localisée à l’époque entre la Ngongonon et la Ngoubagara, et le long de l’ancienne route 37 (l’actuelle avenue Koudoukou) ; par contre un dégonflement de la population aux confins de la ville administrative et commerciale s’observe. Ce changement dans la morphologie ou l’accroissement de la ville en quatorze ans pourrait avoir une double explication : d’abord la politique de déplacements incessants pratiquée par l’Administration au profit de l’extension du noyau central, ensuite l’exode rural qui a été à la fois un facteur de la croissance démographique et de l’extension spatiale de la ville.

Figure 13 La ville de Bangui en 1946

Figure 13 La ville de Bangui en 1946

De même, la réalisation des grands travaux à Bangui dans les années 1950 serait l’une des raisons de l’affluence dans la capitale de populations en quête de travail. Cependant le cœur géographique de Bangui est resté désert aussi bien en 1946 qu’en 1960. De ce fait, la présence de l’eau et des collines traduit un bicéphalisme dans l’évolution de la morphologie urbaine, d’abord entre l’Est avec la Mission Saint-Paul et l’Ouest avec le centre administratif, ensuite à l’ouest où le centre-ville est séparé des quartiers « indigènes » par des bas-fonds inondables.

Figure 14 La ville de Bangui en 1960

Figure 14 La ville de Bangui en 1960

Les trois antilopes

Autrefois, il y avait moins de gibier qu’aujourd’hui. Les antilopes surtout étaient peu nombreuses. En fait, leur troupeau se résumait à deux femelles, si bien que les antilopes ne pouvaient pas se reproduire. Très malheureuses, les femelles n’arrêtaient pas de se plaindre, mais personne ne savait les conseiller ni les aider.
Ces plaintes incessantes agaçaient prodigieusement l’Esprit des Eaux, qui habitait la fontaine à laquelle les antilopes venaient s’abreuver. Exaspéré, il leur dit :
« Je suis las de vos lamentations. Je vous promets de transformer en antilope mâle le premier animal qui viendra boire à ma fontaine. Ainsi, vous serez trois.  »
Heureuses, les antilopes se dissimulèrent dans les buissons pour guetter leur futur compagnon.
Voilà qu’un homme suivi de son fils arriva à la fontaine, et nos antilopes recommencèrent à se plaindre :
« Nous ne voulons pas d’homme !  »
L’homme dressa l’oreille :
 » Quelles sont ces voix ?  »
Mais le jeune homme, assoiffé, but à la fontaine sans plus attendre. Aussitôt, il se transforma en antilope sous le regard médusé de son père. Celui-ci comprit, cependant, ce qui venait d’arriver. Il soupira :
 » Hélas, mon fils ! Si tu rencontres les hommes, enfuis-toi. Si tu croises les éléphants, sauve-toi. Mais si tu aperçois les antilopes, joins-toi à elles.  »
Sur ces paroles, il s’en alla. Nos deux antilopes voulurent s’enfuir, mais le nouveau venu les rattrapa. Une nouvelle vie commença. Bientôt, les deux femelles eurent des petits, et le premier troupeau se forma. Depuis ce temps, les antilopes se multiplièrent au point qu’aujourd’hui nul ne saurait les compter.

Bokassa, dernier empereur d’Afrique

Note au lecteur  

« L’Histoire a décidé de mettre à votre disposition, sur son site internet, tout le contenu de ses archives du n°1 (mai 1978) au numéro 238 (décembre 1999). La rédaction demande votre indulgence pour les coquilles et autres erreurs dues à une numérisation qu’il nous faudra un peu de temps pour corriger complètement. Ce contenu est offert à nos fidèles abonnés identifiés. »

Bonne lecture.

 

Bokassa, dernier empereur d’Afrique

Mégalomane et tyrannique, Bokassa a régné sur la Centrafrique sous l’oeil bienveillant de la France, bien décidée à rester influente dans son ancienne colonie. Mais c’est aussi l’armée française qui a renversé en 1979 cet ami devenu encombrant.

Le 4 décembre 1977, à Bangui, Jean Bédel Bokassa, « président à vie » de la République centrafricaine, se couronne empereur lors d’un véritable pastiche napoléonien. Ses homologues africains, de l’Ivoirien Houphouët-Boigny au Zaïrois Mobutu, ont préféré ne pas s’associer à cette mascarade dont ils mesurent la portée néfaste. L’Élysée, qui a couvert l’organisation de la cérémonie, est mal à l’aise : la France de Valéry Giscard d’Estaing n’est représentée que par René Journiac, le « monsieur Afrique » de l’Élysée, et Robert Galley, le ministre de la Coopération [1].

Devant près de 4 000 invités, Bokassa doit se contenter d’un couronnement à défaut d’un sacre (le pape a refusé de venir et de cautionner l’événement) : qu’importe, devenu le troisième empereur dans le monde après Hirohito au Japon et le shah d’Iran, il est parvenu à obtenir de Paris ce que personne n’aurait osé demander à l’ancienne puissance coloniale. La débauche financière engagée par la France pour organiser les festivités a choqué le monde entier, d’autant plus pour un pays aussi pauvre que la Centrafrique.

Moins de deux ans plus tard, dans la nuit du 20 au 21 septembre 1979, alors qu’il est en visite à Tripoli, Bokassa Ier est renversé par le Service de documentation extérieure et de contre-espionnage (SDECE) et par les troupes parachutistes françaises. David Dacko, l’ancien président déchu en 1966 par Bokassa, est réinvesti par les bérets rouges.

Paris a procédé à une ingérence caractérisée : Valéry Giscard d’Estaing et son conseiller René Journiac ont délibérément dépassé les bornes fixées dans les années 1960 par Jacques Foccart, le « monsieur Afrique » de De Gaulle puis de Pompidou.

Le lâchage de Bokassa, deux ans seulement après son couronnement, illustre les paradoxes et les dérives de la politique africaine de la France. Mais qui était vraiment Bokassa Ier ? Et pourquoi la France lui a-t-elle permis de régner sans partage sur la Centrafrique ? Retour sur son avènement, à la lumière des rapports des attachés militaires et des archives Foccart.

« Centrafricains, Centrafricaines. Depuis ce matin, à 3 h 20, votre armée a pris le pouvoir de l’État. » C’est par ces mots que le colonel Bokassa réveille la capitale Bangui la Coquette en guise de voeux du 1er janvier 1966. Dans la nuit du 31 décembre, David Dacko, qui avait présidé à l’indépendance du pays le 13 août 1960, a été victime d’un coup de force aussitôt surnommé le « putsch de la Saint-Sylvestre ».

LE PUTSCH DE LA SAINT-SYLVESTRE

Sa vie n’est nullement mise en danger : il est simplement assigné à résidence. Afin de mieux asseoir sa légitimité, Bokassa racontera par la suite que Dacko – qu’il présente comme son parent -, fatigué du pouvoir, aurait lui-même orchestré sa déposition pour lui transmettre ses fonctions sans paraître démissionner (les versions sur ce sujet divergent). Mais au colonel Mehay, le conseiller militaire de l’ambassade de France, les putschistes avouent viser « la malfaisance de [l’] entourage » [2] présidentiel.

Au sein d’une Afrique où depuis les Trois Glorieuses à Brazzaville (13-15 août 1963) [3] se multiplient coups d’État et révolutions, l’équipe de Bokassa cherche immédiatement à rassurer la France, en affirmant ne pas remettre en cause la stratégie de sécurité du « pré carré » développée par Foccart, c’est-à-dire le domaine réservé de l’influence française en Afrique calqué sur ses anciennes colonies.

Officier le plus gradé du pays et, à ce titre, maître de l’armée, Bokassa fait alors figure d’homme fort et incontesté de la Centrafrique. Mais c’est oublier qu’il lui a fallu pour en arriver là éliminer tous les concurrents de l’institution militaire dont il est issu. Ses premières cibles ? Le cercle d’officiers à la tête de l’appareil sécuritaire du régime : le colonel Izamo, chef de la légion de gendarmerie, et le commandant Mounoubaï, chef de la police spéciale. Le premier, tombé dans un guet-apens le 31 décembre 1965 à 20 heures, est torturé et assassiné la nuit même ; le second, en fuite, est arrêté et fusillé quelques jours plus tard. Dans leur sillage sont exécutés le commandant Bangui, chef du cabinet militaire de Dacko, et N’Zalla, chef du cabinet politique.

Dans un premier temps, l’ascension de Bokassa n’avait rien d’exceptionnel. Pour de nombreux hommes de sa génération, l’armée française a fonctionné comme un outil de promotion et d’acculturation, voire comme une seconde famille.

Né en 1921, orphelin à 6 ans, engagé en 1939 comme tirailleur au sein de la Coloniale, Bokassa fut pendant la Seconde Guerre mondiale sous-officier des Forces françaises libres et participa au débarquement de 1944 en Provence. Après avoir combattu en Indochine et en Algérie, formé aux écoles militaires de sous-officiers, il acheva sa carrière sous les drapeaux français avec le grade de capitaine.

Toute sa vie, il est resté attaché à ce qui entoure l’armée française, à commencer par la figure du général de Gaulle qu’il s’obstine à appeler « Papa » au grand dam de ce dernier qui n’hésitait pas à l’affubler du surnom de « Soudard ».

En 1962, Bokassa est transféré à la toute jeune armée centrafricaine où il est promu colonel et nommé conseiller militaire au cabinet présidentiel, avant de devenir chef d’état-major en 1964.

Depuis l’indépendance, la Ve République cherche à former des officiers supérieurs africains pour qu’ils assurent le maintien de l’ordre et la stabilisation politique en Afrique. La génération de Bokassa fut ainsi promue, au titre de l’africanisation des cadres, sous le contrôle des conseillers français de la coopération militaire. Mais, dans les faits, l’armée centrafricaine est plutôt réduite à un rôle social et pionnier que confirme le « plan raisonnable », c’est-à-dire le programme d’organisation de l’armée centrafricaine mené par le général Bigeard.

Au nom des accords secrets de défense, la France compte avant tout sur la mobilisation de ses propres troupes des camps de Bangui et de Bouar pour rétablir l’ordre.

A la fin de 1965, Bokassa se situe donc à la charnière entre le cabinet présidentiel, où il est lentement marginalisé, et la corporation des officiers centrafricains, dont il fait figure de primus inter pares. Au premier rang d’entre eux se trouve le colonel Banza, chef du 1er bataillon, que le colonel Mehay identifie comme le véritable tacticien du putsch.

S’effondre ainsi la légende d’un Bokassa, homme providentiel et instigateur unique du coup d’État : cette version mythifiée s’est construite bien après. En janvier 1966, c’est un triumvirat qui se partage le pouvoir : le président Bokassa, le colonel Banza, numéro deux du gouvernement, et Bandio, le ministre de l’Intérieur. Certes, Bokassa détient l’essentiel des leviers (il est président de la République et du gouvernement, ministre de la Défense et garde des Sceaux). Mais il sait que Banza, qui contrôle l’armée, constitue une menace.

ADOUBÉ PAR FOCCART

En trois ans, Bokassa s’emploie à le neutraliser par tous les moyens : après avoir essayé de le discréditer politiquement, mandaté un de ses hommes pour reprendre en main les forces de sécurité, il procède à sa liquidation physique. Le 10 avril 1969, jour de la Saint-Macaire, Banza est arrêté et accusé de préparer un putsch.

Déféré devant le tribunal militaire permanent le 11 avril, il est condamné à la peine de mort. L’information est diffusée aussitôt sous le titre de « putsch de la Saint-Macaire », en écho à celui de la Saint-Sylvestre. Banza est exécuté le 12 avril 1969 au lever du jour. La nouvelle de sa condamnation est accueillie avec scepticisme : cette histoire de complot ourdi par Banza est interprétée comme une machination forgée par Bokassa.

Le 28 avril 1969, le colonel Charpentier, nouveau conseiller militaire à l’ambassade de France, s’interroge : « Banza est-il coupable ou innocent ? Est-il victime d’un coup monté par le Général [Bokassa], désireux de se débarrasser d’un personnage jugé encombrant, peut-être dangereux et avec lequel il ne peut plus composer ? [4] » Le 2 mai, il précise sa pensée : « Banza n’avait peut-être pas d’autre issue que l’aventure, une aventure sans préparation, probablement des contacts peu discrets et imprudents qui l’ont conduit tout droit dans un traquenard. Le seul vrai péril est celui qui pourrait naître des excès du président5. »

Pourquoi la France de De Gaulle tolère-t-elle les coups de force de Bokassa, alors que la tendance est à la protection des présidents « pères des indépendances », comme Houphouët-Boigny en Côte d’Ivoire ou Senghor au Sénégal ? Certes, le caractère « révolutionnaire » du nouveau régime a dans un premier temps inquiété Paris. Mais, passé le lancement du « plan Bokassa » (réforme agraire), la révolution n’est pas à l’ordre du jour.

Pour Foccart, officiellement paré du titre de secrétaire général des Affaires africaines et malgaches, le putsch de la Saint-Sylvestre n’a rien à voir avec les crises congolaise et gabonaise de 1963 et 1964. A Brazzaville, en 1963, la chute de l’abbé Youlou et l’instauration d’un régime socialiste avaient désorganisé la géopolitique sécuritaire de Foccart. A Libreville, en 1964, l’agression contre le président congolais Léon M’Ba avait créé un précédent grave. A Bangui, en 1966, les putschistes tiennent au contraire à s’inscrire immédiatement dans une ligne pro-française.

Il est vrai que depuis le départ en 1965 de l’ambassadeur Barberot (grande figure de la France libre), versé dans le renseignement, le « circuit-court » avec Bangui est coupé et les informations remontent mal. Mais en pleine guerre froide, l’attitude anticommuniste des putschistes est de nature à rassurer. D’un autre côté, les tentatives d’ingérence sécuritaire et économique des Israéliens et des Américains en Centrafrique menacent le pré carré français. Foccart opte donc pour un wait and see très britannique, tandis que le colonel Mehay, conseiller militaire de l’ambassade et correspondant à ce titre du 2e Bureau, devient l’analyste de terrain le plus écouté. Cet officier jouit d’un poids d’autant plus important qu’il est l’interlocuteur français préféré de Bokassa, aux dépens du nouvel ambassadeur Jean Français – au style trop Quai d’Orsay, selon Foccart. Le diplomate n’aura d’ailleurs de cesse de soupçonner la main de Foccart derrière la chute de Dacko [6].

Loin de répondre à une tactique préméditée, l’attitude française sous de Gaulle se teinte donc d’un fort pragmatisme. Pour s’assurer le soutien de l’Élysée, Bokassa entend être le meilleur représentant de la politique française en Centrafrique, bien souvent aux dépens de l’ambassadeur de France et dans une confusion des genres grandissante.

Conscient de cette géopolitique complexe, Jean Herly, le diplomate que Foccart envoie relever Jean Français fin 1966, écrit le 6 février 1968 à l’Élysée : « Bref, dans ce contexte purement centrafricain, Bokassa me paraît un moindre mal. » [7]

En organisant sa visite officielle en France en mars 1969, Foccart procède à l’adoubement officiel de Bokassa dans le cercle des « amis de la France ». Toutefois, il est loin de faire l’unanimité auprès des autres membres de la famille franco-africaine.

LES ANNÉES GISCARD

Pour prix de cette politique du pré carré, Paris accepte d’en passer par les caprices de son allié centrafricain, comme lorsque lui est offert un DC-4 pour mettre fin à l’expérience UDEAC [8]. Foccart, parfaitement informé et lucide sur la personnalité de Bokassa, est chargé de le maintenir dans la mesure du « raisonnable ».

Mais personne n’est dupe. Le colonel Charpentier brosse un portrait lucide de Bokassa dans son rapport de fin de mission en octobre 1969 : « Comparé à ses homologues africains francophones, le général Bokassa pourrait donc passer pour un interlocuteur peu compétent, mais acceptable. Il est malheureusement affligé d’une méfiance maladive et d’une évidente mauvaise foi. Mégalomane, cyclothymique, trop facilement irritable et emporté, violent, tyrannique, autocrate, terrorisant son entourage, ses excès le rendent difficilement supportable. » [9]

A l’aube des années 1970, le général-président Bokassa se sent pousser des ailes bonapartistes : il se proclame président à vie en 1972, maréchal en 1974 et empereur en 1976. Entre-temps l’élection de Valéry Giscard d’Estaing à la présidence de la République et le départ de Foccart allaient considérablement rapprocher les deux pays.

Les raisons de l’entente entre Giscard et Bokassa sont diverses. Retenons-en une d’ordre politique et personnel. Si les deux hommes ont connu les indépendances, ils n’en ont pas été les architectes. Or, maintenant qu’ils sont au pouvoir, ils ont besoin l’un de l’autre pour s’affirmer au sein d’une famille franco-africaine dominée depuis 1960 par le couple Houphouët-Boigny et Foccart.

En outre, Giscard a choisi de s’investir de manière plus personnelle que ses prédécesseurs dans les affaires africaines (la passion de la chasse n’est que la partie médiatisée). Ce nouvel état d’esprit a été saisi par l’expression seventies de « Safari Club ».

Dès 1975, le président français marque publiquement sa préférence centrafricaine en fixant à Bangui le sommet franco-africain, tenu pour la première fois en Afrique. Bokassa comprend qu’il peut obtenir beaucoup de son « cher parent », et être tenu au même niveau que les « pères des indépendances » au sein de la famille franco-africaine.

L’Élysée mesure le grotesque des demandes de Bokassa pour son sacre, mais l’organise (en minimisant publiquement sa contribution). Il est pourtant trop tard : un point de non-retour a été franchi. Les images de la vidéo du sacre, diffusées dans les journaux télévisés occidentaux, donnent au grotesque de l’événement une dimension planétaire. Giscard en prend conscience.

Les relations entre Paris et Bangui, après le sacre, se détériorent très vite. Les sujets de discordes abondent mais c’est bien le rapprochement avec Kadhafi (amorcé dès 1976) qui condamne pour de bon l’empereur de Centrafrique. Le chef de la Libye est en effet l’ennemi numéro un de la France qui est en guerre contre lui au Tchad.

La rupture s’accélère lors du sommet France-Afrique de Kigali en mai 1979, avec la condamnation par la France des massacres à Bangui quelques mois plus tôt : Bokassa est accusé d’avoir réprimé dans le sang des mouvements lycéens et civils au premier trimestre 1979. Une commission d’enquête africaine s’empare du dossier tandis qu’une campagne de presse est menée contre l’empereur sanguinaire. L’idée d’un empereur retiré en son palais de Berengo et écarté des affaires, tandis que ses ministres, plus raisonnables, auraient gouverné, a échoué…

Le Service de documentation extérieure et de contre-espionnage (SDECE), qui, depuis près d’un an, planifie des scénarios de remplacement de Bokassa, obtient le feu vert de l’Élysée. L’opération « Caban » (CentrAfrique-BANgui) doit restaurer l’ancien président centrafricain David Dacko, pris en charge depuis de longues semaines par le service Action. A charge pour lui de demander immédiatement l’application des accords de défense, c’est-à-dire l’intervention des forces françaises officielles (opération « Barracuda »).

Tactiquement, l’opération est un succès. Mais son montage est aussitôt dénoncé. Qu’importe : Paris a sauvé sa plateforme logistique centrafricaine pour la guerre du Tchad. Les Éléments français d’assistance opérationnelle (Efao) viennent relever les hommes de Barracuda et s’installent en Centrafrique jusqu’en 1998. Dès 1981 le colonel Mantion est mandaté comme conseiller des présidents Dacko (renversé par un putsch en septembre 1981) et Kolingba (un général) pour garantir la stabilité du régime. Les camps de Bangui et Bouar, noeuds du dispositif militaire français en Afrique centrale, ne seront dissous qu’en 1998 par le gouvernement Jospin au nom de la nouvelle politique africaine de la France.

Quant à Bokassa, il trouve exil dès 1979 en Côte d’Ivoire, tout en conservant des biens en France (comme son château d’Hardricourt). En 1986, contre l’avis de Paris et Abidjan, il organise son retour à Bangui, qui se solde par un échec fracassant. Le colonel Mantion en personne procède à son arrestation. Condamné à mort par contumace, le verdict de son procès de 1987 le rend coupable de trahison, meurtre et détournement de fonds, mais l’innocente des charges de cannibalisme. Sa peine est commuée en détention à perpétuité. Il est amnistié en 1993, et meurt en 1996, non sans avoir cédé à des tentations mystiques.

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