Centrafrique

Le pape François et le nouveau président de Centrafrique, Faustin Archange Touadéra, ont relevé lundi au Vatican « le climat constructif » et le « renouveau des institutions » du pays après des années de violences, a annoncé un communiqué du Saint-Siège.

Le président élu en février avait tenu à venir au Vatican pour sa première visite à l’étranger, afin de saluer le pontife argentin qui était venu en personne en novembre encourager la réconciliation nationale.

L’entretien dans la bibliothèque du Palais pontifical a duré un quart d’heure. Jorge Bergoglio a offert à M. Touadéra les principaux textes de son pontificat sur la famille et sur l’environnement.

Le pape et son secrétaire d’Etat Pietro Parolin ont souhaité qu’« une période de paix et de prospérité s’ouvre pour la nation toute entière », et ont relevé que les récentes élections et le renouveau des institutions s’étaient « déroulés dans un climat constructif, auquel a contribué le dialogue entre les confessions religieuses ».

Le Saint-Siège a souhaité que « la communauté internationale continue à soutenir le développement du pays », en rappelant que la population souffrait encore des conséquences des conflits des dernières années.

Bravant les reproches voilés de la France et des forces internationales de paix qui déconseillaient le voyage pour raisons de sécurité, le pape avait passé 24 heures à Bangui lors d’une tournée en Afrique en novembre.

Il avait rencontré des réfugiés, ouvert une « porte de la miséricorde » dans la cathédrale de Bangui et s’était rendu dans la principale mosquée de la capitale, en plaidant à chaque occasion pour la réconciliation nationale et le respect entre chrétiens et musulmans.

Les violences civiles ont diminué sensiblement dans les semaines et mois qui ont suivi, et certains Centrafricains y ont vu une conséquence de la visite du pape.

En février, M. Touadéra, qui n’était pas favori au début de la campagne, a été élu au second tour avec 62,71% des voix.

Entre 2013 et 2015, des milices majoritairement chrétiennes anti-balaka et des ex-rebelles à dominante musulmane de la Séléka, ont mis la Centrafrique à feu et à sang. Ces violences ont ravagé l’économie du pays, un des plus pauvres au monde.

 

Faustin Archange Touadéra au Vatican pour dire « merci » au Pape

18/04/16 (Agence d’information d’afrique centrale )

Sollicitée par le président nouvellement élu de Centrafrique, l’audience du pape François a permis de saluer le climat constructif qui se met en place en RCA.

Il n’est pas fréquent qu’une audience demandée au pape soit accordée dans de brefs délais. Mais pour le cas de M. Faustin Archange Touadéra, le président centrafricain élu en février et installé le 30 mars dernier à Bangui, les choses sont allées très vite, comme il l’a lui-même confié à la presse. C’est que, de part et d’autre, il y avait un égal intérêt à venir saluer le pape François et à lui présenter le visage d’une Centrafrique qui semble désormais désireuse de cheminer vers son destin dans la paix et la fraternité.

Avec un sens de maturité salué par beaucoup, la République centrafricaine a bouclé de la plus belle des manières trois ans d’une grave agitation, ainsi qu’une période transitoire soutenue par beaucoup des Etats de la sous-région, dont le Congo. Présidentielle le 14 février ; installation du nouveau président le 30 mars ; formation d’un gouvernement dirigé par M. Mathieu Simplice Sarandji le 11 avril. Tout a été rondement mené dans un pays où la période transitoire, qui a duré deux ans sous la conduite sage de la présidente, Catherine Samba-Panza, a surpris tout le monde par sa conclusion étonnamment rassérénée.

Les Centrafricains ont en effet semblé retrouver la voie de la raison du jour au lendemain pour permettre à leur classe politique de battre campagne et d’élire le candidat de son choix : 30 candidats ! Mais beaucoup attribuent cette accalmie qui se consolide par le passage à Bangui, le 29 novembre 2015, du Souverain pontife. Lors de sa toute-première visite en Afrique, le chef de l’Eglise catholique a atterri à Bangui (malgré les fortes réticences des services de sécurité occidentaux) ; est allé saluer les musulmans à leur quartier du Km5 et à la Mosquée centrale ; a parlé à la jeunesse et conquis la partie noble des Centrafricains, quelle que soit leur religion.

C’est pour remercier le pape, pour son passage à Bangui que M. Touadéra, en personne, a qualifié de « miracle », qu’il a réservé sa première visite en Europe au Vatican. L’entretien avec le pape dans la bibliothèque du Palais pontifical a duré un quart d’heure. Le Saint-Père a offert au président les principaux textes de son pontificat sur la famille et sur l’environnement. Le pape et son secrétaire d’Etat (Premier ministre), Pietro Parolin, ont souhaité qu’ « une période de paix et de prospérité s’ouvre pour la nation tout entière », et ont relevé que les récentes élections et le renouvellement des institutions s’étaient « déroulés dans un climat constructif, auquel a contribué le dialogue entre les confessions religieuses ».

Le Vatican souhaite que la communauté internationale continue à soutenir le développement de la République centrafricaine, en rappelant que la population souffrait encore des conséquences des conflits des dernières années. Devant la presse, le président centrafricain a largement insisté sur la paix comme défi majeur de son action pour les 5 ans à venir. Une paix qui permet d’affronter les autres nombreux problèmes de la Centrafrique démocratique : la remise debout des infrastructures ; la lutte contre la corruption ; effacer les séquelles de la guerre notamment : mener à bien le programme DDR (démobilisation, désarmement, rapatriement et réconciliation) des ex-rebelles Sélékas et Antibalaka. Le tout dans la justice : « car la paix ne peut pas tenir sans justice », a fermement réaffirmé M. Touadéra.

Lucien Mpama

 

Le président centrafricain fait escale à Douala

18/04/16 (Cameroon-Tribune)

Faustin-Archange Touadéra a passé quelques heures en terre camerounaise avant son départ pour l’Europe.

Le président centrafricain Faustin-Archange Touadéra, en partance pour l’Europe, a fait une escale de quelques heures, à Douala ce samedi 16 avril 2016. Le dispositif sécuritaire et protocolaire lié à son statut a été mis en place. Le gouverneur de la région du Littoral, Samuel Dieudonné Ivaha Diboua et tout son état-major, sont présents au salon d’honneur de l’aéroport international de Douala. On note aussi la présence de l’ambassadeur de la République centrafricaine au Cameroun Martial Beti-Marace, celle du consul Bawa Godobe et une très forte colonie centrafricaine composée d’élèves et d’étudiants. Ces derniers chantent en attendant l’arrivée de leur nouveau président de la République.

13h30 mn, l’avion transportant Faustin-Archange Touadéra se pose enfin sur le tarmac de l’aéroport international de Douala. Le dispositif en place se met en mouvement, d’un côté les officiels camerounais et de l’autre les Centrafricains. Une dizaine de minutes plus tard, le chef de l’Etat centrafricain est là. Il serre les mains des uns et des autres tandis que la colonie centrafricaine continue de se faire entendre de la plus belle des manières, à travers des chants en l’honneur du président qui répond par un geste de la tête. Ensuite, direction le salon d’honneur pour un bref entretien avec le gouverneur de la région du Littoral.

Puis le cap est mis pour l’hôtel Sawa à Bonanjo. Là-bas aussi, d’autres Centrafricains, encore plus nombreux, attendent Faustin-Archange Touadéra. Joie et sérénité se lisaient sur les visages. Sur la banderole, des mots de bienvenue. Occasion pour le chef de l’Etat de faire un bain de foule, d’être en communion avec son peuple avant de prendre ses quartiers et attendre son départ, prévu à 23h45 mn. Il faut noter que le même dispositif déployé à la mi-journée était aussi présent pour son départ dans la nuit.

La ville de Douala à elle seule compte environ 4000 ressortissants centrafricains. Beaucoup sont spécialisés dans le transit et les petits métiers.

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« Tempête sur Bangui »: chronique en dessins du chaos centrafricain

D’une très grande fidélité factuelle, et d’une belle facture artistique, « Tempête sur Bangui », qui vient de paraître, retrace la dévastatrice marche de la rébellion à dominante musulmane venue du nord pour s’emparer de Bangui, l’écroulement de l’armée centrafricaine et la sauvage domination de la Séléka, qui chasse en mars 2013 le président François Bozizé avant de terroriser les civils, à coup de pillages, viols et meurtres.

L’ouvrage est né en 18 mois, jour après jour, difficulté après difficulté pour l’auteur constamment exposé avec sa famille aux violences qui explosent dans son quartier, Gobongo, du nord de la capitale.

« je ne dessinais jamais dehors »

« Je tenais un carnet de route où je notais les événements. Mais je ne dessinais jamais dehors, c’était trop dangereux, j’attendais de rentrer à la maison », explique l’auteur à la terrasse d’un café d’une capitale maintenant plutôt tranquille, à la veille d’une présidentielle censée en finir avec trois années de grande tourmente.

A l’arrivée de la Séléka, le dessinateur travaillait pour une agence de communication mais l’agence ne peut poursuivre ses activités. Il se retrouve sans emploi avec quatre enfants à nourrir. « Et commencent des nuits blanches, à chasser des cafards »: Didier Kassai se représente en teintes blafardes, l’air hagard, à ne pouvoir fermer l’oeil de la nuit.

La terrible crise centrafricaine sera une période très dure pour lui mais aussi le moment où l’artiste trouve la force, comme un exutoire à l’horreur, de chroniquer sa vie et celle de ses compatriotes. « Je prenais les infos dans la rue, à travers la radio, je notais jour après jour. Ce n’était pas facile, mais je n’avais pas le choix: le dessin, j’en ai besoin pour respirer ». Le soir, il n’ose allumer la lumière, de peur de s’exposer aux agresseurs qui rodent dans les quartiers, et travaille à la lueur de son téléphone portable.

     Une maison d’édition française, « La boite à bulles », lui fait confiance, lui « envoie un peu d’argent, un peu de matériel » et il entame ses première planches, qu’il colorise à l’aquarelle. Mais son quartier, Gobongo, dans le nord de Bangui, est aussi un fief des milices chrétiennes anti-balaka formées pour combattre la Séléka.

Un jour de décembre 2013, un convoi de soldats tchadiens de la force africaine d’interposition, souvent considérés comme des soutiens de la Séléka, est attaqué à Gobongo par des anti-balaka. Un soldat est tué et la réponse des Tchadiens est terrible.Atelier incendié

« Ils tiraient, brûlaient les maisons pour rechercher les miliciens. La mienne a pris feu, et j’ai perdu les 50 premières planches de mon album. »

Maison et atelier incendiés, le dessinateur part travailler à l’Alliance Française qui l’accueille dans un petit local. Et il recommence à dessiner et écrire les premières planches incendiées de sa BD, qui paraît en France en octobre. Mais « Tempête sur Bangui » n’est pas disponible en Centrafrique, qui ne compte aucune librairie. D’important frais d’envoi, de lourdes taxes d’importation découragent l’éditeur.

Qu’importe, Didier Kassai, dont le trait « est influencé par l’école franco-belge de la BD », a déjà entamé le deuxième tome, qui débute avec l’arrivée de la force française Sangaris en décembre 2013, venue mettre un terme aux exactions de la Séléka en la chassant du pouvoir.

Centrafrique : une rentrée scolaire sur fond d’insécurité

Près de deux millions d’enfants centrafricains vont reprendre le chemin des écoles lundi, pour une rentrée scolaire sur fond d’insécurité, car certaines zones du pays sont encore sous occupation des groupes armés.
La ville de Bouar située à l’ouest du pays a été choisie pour abriter la cérémonie officielle marquant le démarrage de rentrée scolaire 2016-2017.

De nombreuses écoles du pays souffrent d’un déficit de salles de classe, d’enseignants et de matériels didactiques.

Présentant cette situation difficile que traversent les écoliers centrafricains le représentant de l’Unicef en Centrafrique Malick Fall a déclaré qu’au moins une dizaine d’écoles sont occupées par des mouvements armés.
Ce qui prive plus de dix mille élèves de cours.

Il a également souligné que l’Unicef va distribuer des kits scolaires à près d’un million d’élèves ainsi que des matériels didactiques à certains enseignants.

Pour la réussite de cette année académique, la fédération nationale des parents et étudiants de Centrafrique a déjà entrepris de sensibiliser la population sur les bienfaits de l’école.

Elle a également demandé aux parents d’élèves de procéder au nettoyage des établissements scolaires afin de favoriser une rentrée effective des classes.
L’Unicef s’est engagé à redéployer les enseignants dans certaines régions d’accès difficile.

Centrafrique: Deux présumées sorcières tuées à Batangafo

BATANGAFO, 18 Mars (RJDH)– Une présumée sorcière accusée du meurtre de plusieurs personnes a été froidement abattue et une autre enterrée vivant par des présumés miliciens Anti-Balaka. L’acte s’est produit le samedi 14 mars au quartier Bozoro à Batangafo.

Ces femmes sont accusées d’être à l’origine du décès de plusieurs personnes dans la localité. Selon une source locale contactée par le RJDH depuis la ville de Batangafo la femme a été enterrée vivant samedi 12 mars et est accusée d’être à l’origine ‘’des morts enregistrés dans la ville en 2015’’.

Selon nos sources l’autre présumée sorcière aurait confirmé les cas des meurtres qu’elle serait à l’origine avant d’être tuée par des Anti-Balaka.

Selon les informations du RJDH trois miliciens Anti-Balaka qui est à l’origine de la mort à ces présumées sorcières auraient été arrêtés par la Minusca et transférés à Bangui afin de répondre de leurs actes devant la justice. Contacté par le RJDH, le bureau de la Minusca de Bangui n’a pas été disponible pour se prononcer sur ce dossier.

Ce sont les premières cas de décès lié aux accusations de sorcellerie dans la ville de Bantangafo cette année.

 

Centrafrique : Les étudiants réclament le Droit à l’éducation

Centrafrique : avance de Touadéra dans les premières tendances du second tour de la présidentielle

Xinhua | 16.02.2016 13h22

Centrafrique : avance de Touadéra dans les premières tendances du second tour de la présidentielle

Deuxième au premier tour avec 19,05% des voix, Faustin Archange Touadéra, rejoint par 22 perdants, devance son adversaire Anicet Georges Dologuelé dans les premières tendances des résultats en cours de compilation du second tour de la présidentielle tenu dans le calme dimanche 14 février 2016 en République centrafricaine (RCA).

Presque trois ans après la prise du pouvoir le 24 mars 2013 à Bangui de Michel Djotodia et sa coalition rebelle de la Séléka, au terme de trois mois d’offensive contre le régime de François Bozizé, quelque 1,9 million d’électeurs centrafricains étaient appelés aux urnes pour élire leur futur président pour les cinq ans à venir et tourner la page de la spirale de violences provoquée par cette crise.

Deux anciens Premiers ministres, l’économiste Anicet Georges Dologuelé, arrivé en tête du premier tour le 30 décembre avec 23,74% des voix, et l’universitaire Faustin Archange Touadéra, son challengeur, se présentaient pour la fois à cette compétition, avec des programmes politiques mettant l’accent l’un et l’autre sur ce défi crucial de restauration de la paix et de la sécurité dans le pays.

Ouvert avec quelques retards dans certains bureaux de vote, le scrutin s’est déroulé comme le précédent dans un climat globalement apaisé tant dans la capitale Bangui que dans le reste du territoire centrafricain, sous surveillance renforcée des Casques bleus de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation en Centrafrique (MINUSCA).

Il était couplé au premier tour des législatives, invalidées par la Cour constitutionnelle suite à un constat de graves irrégularités.

Timide au départ, la participation des électeurs (62,57% au premier tour, selon les chiffrés officiels proclamés par la Cour constitutionnelle), s’est améliorée par la suite.

En raison des coupures d’électricité récurrentes dans ce pays pauvre et enclavé d’Afrique centrale, le dépouillement effectué aussitôt après la fermeture des bureaux vote s’est révélé encore une fois fastidieux, imposant l’utilisation de lampes solaires et de bougies, y compris dans la capitale.

D’après les premières tendances brutes recueillies dans plusieurs bureaux de vote de Bangui et d’autres grandes villes du pays, Faustin Archange Touadéra se démarque au détriment de son adversaire, dans certains cas avec une avance aux allures de raz-de-marée.

C’est le cas des résultats des urnes enregistrés dans le centre de vote du lycée Barthélémy Boganda, dans le 4e arrondissement de Bangui, son principal fief. Sur les 309 votants du bureau de vote numéro 5 par exemple, il s’impose avec 90,56% des suffrages exprimés, contre 9,44% pour son concurrent.

La même tendance s’observe au bureau de vote numéro 6, où l’ancien Premier ministre de François Bozizé (2005-2013), qui se présentait en candidat indépendant, sans s’appuyer sur le Kwa na kwa (KNK), le parti de celui-ci qui avait plutôt conclu un accord politique au premier tour avec Dologuelé, est aussi crédité de 89,79%, et 85,97% au bureau numéro 3.

Cette photographie est révélatrice de l’étendue de la victoire qui se profile pour l’ancien recteur de l’Université de Bangui et professeur de mathématiques pures, commentent des responsables de missions d’observation électorale missionnés par de grandes organisations internationales.

Un fait qui retient l’attention, dans le bureau de vote de l’Hôtel de ville de Bangui où son rival a voté, Touadéra l’emporte avec 172 votes, contre 131 pour celui-ci, sur un total de 303 votants.

C’est un bureau de vote du 1er arrondissement de la capitale centrafricaine. Pourtant lieu de résidence d’Anicet Georges Dologuelé, cette circonscription électorale fait partie de celles où l’ancien deuxième-vice-président du KNK fait le plein de voix dans cette ville.

Les résultats non officiels obtenus dans les deux bureaux de vote de l’école d’excellence Centrafrique-Chine le démontrent aussi : 182 votes dans le bureau de vote numéro 1, contre 126 pour Dologuelé sur 315 votants, et 150 dans le deuxième, contre 87 pour l’ancien Premier ministre d’Ange-Félix Patassé.

En attendant la publication des résultats provisoires par l’Autorité nationale des élections (ANE) qui continuent d’être compilés, Touadéra est aussi annoncé largement en tête à Bouar, principale ville du département de Nana-Mambéré (Centre), avec un score de 7.476 votes, contre 3.832 pour son rival.

A Yaloké, dans l’Ombella M’poko (Est), il recueille 5.573 votes, contre 1.474 pour Dologuelé, puis 1.674 contre 1.077 pour celui-ci à Bayanga, dans la même région. A Obo, dans le Haut-Mbomou, il récolte 6.029 suffrages, contre 2.702 pour son adversaire.

A Bangassou, dans le Mbomou, il est crédité de 3.403 votes, contre 1.738 pour le leader de l’Union pour le renouveau centrafricain (URCA, formation créée en 2013), qui s’incline aussi à Berbérati, dans le Mambéré-Kadey, avec 4.800 votes, contre 7.597 pour celui que ses partisans n’hésitent plus à désigner comme « le futur président de la Centrafrique ».

Autre ville du Mambéré-Kadey, Sosso-Nakombo a choisi d’accorder ses faveurs à Touadéra, par 1.692 votes, contre 1.271 à Dologuelé.

Dans le camp de l’ancien chef du gouvernement, l’on se refuse à toute réaction triomphaliste, pour savourer la victoire visiblement à portée de main, qui avait déjà provoqué des scènes de liesse populaire de ses partisans dimanche soir à Fatima, un quartier du 5e arrondissement de Bangui.

Car, a souligné à Xinhua Charles Lemasset Mandya, son directeur de communication, le pays a besoin d’unité, de paix et de sécurité, des défis qui nécessitent selon lui la participation de « tous les fils et filles ». « C’est dans cet état d’esprit que va s’inscrire le futur président Touadéra pour permettre le décollage ».

« Les Centrafricains veulent définitivement tourner la page. Ils veulent que ça change, quel que soit le prix. Ils reconnaissent un leader charismatique qui peut prendre l’avenir du pays. Ce n’est ni une question politique, ni une question ethnique, mais une question d’éthique et de valeurs. C’est ça qui a joué en notre faveur », a-t-il expliqué.

Si les tendances annoncées venaient à se confirmer, Faustin Archange Touadéra devra encore attendre plusieurs jours pour être déclaré élu, d’abord par les résultats provisoires publiés par l’ANE, ensuite par les résultats définitifs proclamés par la Cour constitutionnelle.

Ce sera la fin d’un cycle électoral entamé par la tenue d’un référendum pour l’adoption d’une nouvelle Constitution le 13 décembre, suivi deux semaines plus tard du premier tour de l’élection présidentielle et des législatives, avec pour finalité de tourner la page de trois ans de violences, où des milliers de Centrafricains ont été tués et des centaines de milliers d’autres poussés hors de chez eux.

Par Raphaël MVOGO, envoyé spécial à Bangui

Centrafrique : histoire et géographie


GEOGRAPHIE

La République centrafricaine (RCA), 623 000 km2, est très enclavée au cœur du continent africain. Elle partage une frontière avec 5 pays : le Tchad au nord, le Soudan à l’Est, le Congo (Brazzaville) et la République du Congo au sud et enfin à l’ouest le Cameroun.

HISTOIRE

Quasi désert jusqu’au milieu du XIXe siècle, le territoire était uniquement peuplé de tribus pygmées en zones forestières.

Dans les années 1850, se sont installées des populations venues du sud des actuels Tchad et Soudan, ainsi que du Congo qui ont fui des raids esclavagistes. Les Français ont ensuite installé leur tutelle coloniale au début du XXe siècle sur ces terres dont le nom était à l’époque Oubangui-Chari.

Le 1er décembre 1958, la République Centrafricaine indépendante est proclamée. Elle ne sera effective que le 13 août 1960.

Les présidents : le plus connu est sans conteste Jean-Bedel Bokassa (66-79) qui se nomme président à vie puis empereur, il sera ensuite condamné à mort par contumace, David Dacko (79-81) lui succède, puis André Kolingba (81-93),  Ange Patassé (93-2003), et aujourd’hui François Bozize (2003).

De nombreux coups d’état ont jalonné chaque changement de présidence ainsi que de nombreuses mutineries.

Le pays fait partie de ces « Etats fragiles », dont la faiblesse concerne tous les secteurs : politique, sécuritaire, humanitaire, financier et économique.

LANGUE

Le sango est la langue nationale et le français la langue officielle.

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